Il convient de rappeler que si l’acheteur n’a pas reçu un état parasitaire valide et dans les délais requis, il dispose de recours. L’accord de vente peut être dénoncé ou renégocié, le vendeur peut se retrouver contraint de payer des frais de traitement des termites après coup, etc. Au pénal, il n’y a pas de sanction spécifique pour l’envoi du document en format carte postale, mais il pourrait y avoir des conséquences civiles (dommages et intérêts) si l’acheteur estime avoir été dupé.
Un autre risque majeur, c’est la question de la réputation du vendeur et de l’image de la transaction. Dans un marché immobilier parfois tendu, chaque détail compte pour instaurer la confiance. L’acheteur voit l’envoi d’un diagnostic sur un support non officiel comme un manque de sérieux. À l’inverse, un notaire ou un agent immobilier qui conseille le vendeur refusera probablement de valider la démarche, pour éviter toute remise en cause ultérieure. Il est plus sage de recourir aux méthodes reconnues : la lettre recommandée, l’email sécurisé ou la remise en main propre contre récépissé. Les économies de timbre ou l’aspect pittoresque de la carte postale ne pèsent pas bien lourd face aux conséquences potentielles.
En outre, l’état parasitaire représente souvent un ensemble de pages incluant le cachet du diagnostiqueur, son numéro d’agrément, la date de l’inspection, les dessins de zones infestées le cas échéant. Rien ne garantit que la carte sera comprise comme une synthèse fidèle de ces informations. Les tribunaux, en cas de litige, vont exiger la preuve de la transmission du document dans sa version intégrale, signée, datée, et non tronquée. Bref, la carte postale ne remplit pas ces critères de traçabilité.
Une confidentialité inexistante : un obstacle majeur
La carte postale est connue pour être ouverte à la lecture de tout individu manipulant le courrier. Dans un contexte immobilier, la mention « Attention, infestation de termites » ou « Pour information, constat de champignons dans la cave » pourrait alerter le personnel postal, ou pire, des voisins indiscrets. On n’y pense pas toujours, mais ces éléments peuvent susciter la curiosité dans l’immeuble ou le quartier. Au-delà de la gêne, cette absence de confidentialité peut carrément exposer la maison à des visiteurs mal intentionnés. Mieux vaut éviter de crier sur tous les toits que votre bien présente des failles structurelles éventuelles.
Le respect de la vie privée de l’acheteur et du vendeur est également en jeu. Parfois, des informations personnelles figurent dans le dossier (nom de l’expert, coordonnées du propriétaire, observations précises faites lors de la visite). En d’autres termes, on voit qu’en termes de RGPD ou de simple discrétion, l’envoi d’une carte postale n’est clairement pas optimal. C’est une publication involontaire d’éléments qui devraient pourtant rester entre le vendeur, l’acheteur, le diagnostiqueur, et dans certains cas, le notaire.