Histoire de donner un côté plus concret à la question, prenons deux situations réelles que j’ai pu rencontrer :
Situation 1 : Pauline, propriétaire d’un appartement construit en 1970, souhaite le louer. Elle possède son DPE à jour, ainsi qu’un diagnostic amiante. Au moment de finaliser le bail, elle se demande comment transmettre ces documents. Elle choisit de les envoyer simplement par email, pour aller plus vite. Quelques semaines plus tard, le locataire conteste avoir reçu le diagnostic amiante et se plaint d’un risque potentiel pour sa santé. Il menace de saisir la commission départementale de conciliation pour manquement d’information. Or Pauline n’a aucune preuve tangible : l’email n’indique pas clairement quels fichiers étaient joints, et le locataire affirme ne pas les avoir trouvés. Conclusion : la parole de Pauline contre celle de son locataire. Évidemment, la propriétaire regrette de ne pas avoir fait un petit courrier recommandé ou une remise en main propre, documentée. Elle s’en serait tirée à moindre coût.
Situation 2 : Thomas souhaite vendre sa maison, un pavillon des années 1950. Prudente, son agence immobilière lui conseille d’annexer immédiatement les diagnostics plomb, amiante et DPE au compromis de vente, le tout remis en main propre à l’acheteur, qui signe l’ensemble des documents. Au moment où l’acheteur accuse réception, Thomas et l’agent immobilier conservent copie du dossier complet. Six mois plus tard, une fissure dans un mur laisse craindre la présence d’amiante. L’acheteur menace d’attaquer en justice. Heureusement, Thomas brandit la preuve qu’il a bien remis le diagnostic amiante, conforme aux réglementations, avant la transaction. Le juge valide la régularité de la vente, et l’acheteur ne peut plus se retrancher derrière un défaut d’information. À court terme, c’est un souci de moins pour Thomas, à long terme, c’est la garantie d’éviter un conflit ruineux.